© Amine El Gotaibi 2020

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ARENE DE LA SOUMISSION

RING OF SUBMISSION 

Prototype view, “RING OF SUBMISSION” “Le Maroc Contemporain” exhibition Institut du monde arabe, Paris, 2014

ARENE DE LA SOUMISSION

Installation
(machine frigorifique, ring de boxe, eau, cordages rouge et vert) work in progress, depuis 2009

Avec cette installation monumentale, Amine El Gotaibi a choisi se soumettre son propre corps glacé à la chaleur comme un acte de résistance, un appel au changement afin de recouvrer un état flexible, vivant, celui de l’eau liquide qui permet po- tentiellement une renaissance. Ce projet s’inscrit dans un contexte universel mu par des transformations mondiales (crises, guerres). Il fait tout particulièrement référence au contexte des pays arabes au seuil d’un changement tendant vers des voies démocratiques, ceci malgré les désagréments et les sacrifices qui accompagnent, trop souvent, ces évolutions. En effet, ces pays évoluent sous l’emprise d’une pratique politique archaïque qui fabrique, de par son essence même, ce qu’Amine El Gotaibi considère comme des « moules de reproduction pour le clonage humain ». Ainsi le modèle de la soumission et de l’allégeance devient dominant dans les sociétés touchées par cette « fièvre de mimétisme », éloignant l’homme de sa vraie nature d’être unique et éphémère.

Pour Amine El Gotaibi, la transformation du corps et de l’individu face aux évènements extérieurs est semblable à la fonte d’un glaçon, manifestation de la seule notion de temps palpable par l’être humain : la disparition. Le froid étant un combat perma- nent avec la chaleur, “Arène de la soumission” matérialise cette lutte par une machine frigorifique posée sur un ring de boxe grandeur nature, qui propulse à intervalle régulier un corps humain congelé, moulé sur les proportions de l’artiste lui-même en taille réelle. Plutôt que d’être debout et en pleine action, ce combattant est figé au sol, dans une posture passive, en état de soumission. Il n’a pas d’adversaire visible. Il ne fait que subir le contexte alentour.

Dans cette installation, l’eau se transforme sous les yeux des spectateurs de la matière solide à l’état liquide, tel un combat lent et silencieux. L’opération de programmation se répète ainsi à l’identique. Cependant, l’exactitude du système dépend du climat du lieu où l’installation est placée. C’est en effet la température ambiante et la chaleur collective des spectateurs qui permet d’accélérer ce changement de statut. Une fois rendu à l’état liquide, dispersé et insaisissable, les restes de ces corps en eau sont récupérés par la machine pour être frigorifiés à nouveau, puis rejetés sur le ring et dissous, encore et encore, dans un cycle ré- pétitif, potentiellement infini.

Les rouages de la machine en tant que procédé mécanique, ordonné et ordonnateur, symbolisent le principe d’un système ar- chaïque. Le véritable adversaire de ces corps de glace figés, c’est la machine elle-même. Elle ne porte pas de coups mais produit une manipulation totale : elle forme les corps, les expulse, les régénère, toujours selon le même modèle, un moule unique qui matérialise la standardisation inévitable des individus. L’interaction des spectateurs est envisagée comme un complice de cette soumission, mais a aussi comme objectif de créer un effet miroir : on peut faire subir autant que l’on subit, potentiellement bourreau et victime. Avec “Arène de la soumission”, Amine El Gotaibi a voulu donner forme à cette lutte contre les systèmes établis qui ne peut advenir dans le combat solitaire, mais seulement grâce à l’action commune de la chaleur humaine.

Un combat entre l’homme et la machine

Aventure artistique autant que prouesse technique, la machine et sa fabrication sont en elles-mêmes un combat pour l’artiste. Depuis 2009, Amine El Gotaibi s’est battu pour réaliser cette invention inédite : études, conception, développe- ment, essais... Soutenue en 2012 par une bourse d’aide à la production de l’AFAC (Arab Fund for Arts and Cultures), elle a été partiellement présentée à l’Institut du Monde Arabe en 2014.

Par manque de moyens et de temps alloués par l’institution, la première version de l’œuvre n’a jamais fonctionné, comme une naissance avortée, un combat perdu d’avance. Amine El Gotaibi souhaite repartir à l’assaut de sa machine, en utilisant les pièces qui peuvent être récupérées et en améliorant les points qui ont fait défaut.


Cette étape ultime aboutira à la version définitive d’“Arène de la soumission”, qu’Amine El Gotaibi envisage de parfaire d’un point de vue technique et esthétique, dont la haute qualité assurera sa pérennité dans le temps.

RING OF SUBMISSION 

Installation

Work in progress

Since 2009

In this monumental installation, Amine El Gotaibi chose to submit his own frozen body to heat as an act of resistance, a call for change to recover a flexible, alive state, of liquid water who allows potentially a revival. This project belongs to a universal context pushed by world transformations (crises, Wars). It particularly refers to the context of Arab countries at the threshold of a change aiming towards democracy, in spite of the inconveniences and the sacrifices that go, too often, along with these evolutions. Indeed, these Countries evolve under the influence of an archaic political practice that makes, regarding its essence, what Amine El Gotaibi considers as “molds of human clone reproduction”. Thus, the model of submission and allegiance become dominant in societies affected by this "fever of imitation", taking away the unique and ephemeral being of man.

For Amine El Gotaibi, the transformation of the body and the individual in front of outer events is similar to an ice melt, a manifestation of the only notion of tangible time according to the human perception: disappearance. The cold as a permanent fight with the heat, “Ring of Submission” materializes this fight by a refrigerated machine put on a boxing ring in full scale, that propels in regular interval a frozen human body, molded on the proportions of real size of the artist. Rather than standing in a position of action, this fighter is fixed on the ground, in a passive posture, in state of Submission. He has no visible opponent. He is only undergoing the surrounding context.

In this installation, the water is transformed in the presence of the public from solid state to liquid state, like a slow and silent fight. The operation of programming repeat itself more and more. However, the accuracy of the system depends on the climate of the place where the installation is placed. It is indeed the ambient temperature and collective heat of the public that allows accelerating this change of model. Once transformed to liquid, scattered and imperceptible state, the rests of these bodies in water are collected by the machine to be frozen again, then rejected on the boxing ring and dissolved, in a repetitive cycle, potentially infinite process.

The movement of the machine as a mechanical process, ordered and regulating, symbolizes the principle of an archaic system. The real opponent of these motionless bodies of ice is the machine itself. It does not strike but produces a total manipulation: the machine forms bodies, expels and regenerates them, always according to the same model, a unique mold which makes the inevitable conformism of the individuals concrete. The interaction of spectators is to be seen as an accomplice of this submission, but also it is expected to create a mirror effect: we can make undergo as well as we can undergo, potentially becoming the executioner or the victim. With “Ring of the submission”, Amine El Gotaibi wants to embody this struggle against the systems, this struggle can succeed only thanks to collective solidary action of human warmth.

A fight between man and machine 

This artistic adventure was as much technical as an exploit also; the machine and its manufacturing are in themselves a fight for the artist. Since 2009, Amine El Gotaibi struggled to realize this new invention: studies, conception, development, trials... Supported in 2012 by a grant of production from AFAC (Arab Fund for Arts and Cultures), it was partially presented at the l’Institut du monde arabe in 2014. 

Unfortunately, due to the lack of means and allocated time by the institution, the first version of the work has never functioned, as an aborted birth or a lost fight beforehand. Amine El Gotaibi wishes to resume the assault of his machine, by using the pieces that can be recovered and improving the parts that makes its failure. 

This ultimate stage will lead to the last version of “Ring of submission” which Amine El Gotaibi intends to perfect from a technical and esthetic point of view, giving it a high quality, which will guarantee its sustainability in time.

 
Etapes de la réalisation de
“ARENE DE LA SOUMISSION”
Fabrication de la machine frigorifique et du moule du corps de l’artiste
Tanger et résidence Playa Blanca
2012-2014

 

 

Work steps,

“RING OF SUBMISSION” 

Manufacturing of the refrigerating machine and the mold of the artist’s body

Tangier and PlayaBlanca art residency

2012-2014